L’incertitude pèse sur les actions (une fois de plus) : leçons tirées des cycles de marché passés

Alfred Lam - Apr 28, 2026

Les conflits géopolitiques, les prix du pétrole et les élections de mi-mandat incitent à la prudence, mais l’histoire donne des raisons d’espérer.

Sans l’ombre d’un doute, le conflit en cours impliquant Israël, les États-Unis et l’Iran est devenu un facteur déterminant du sentiment de marché, incitant les investisseurs à adopter une attitude de plus en plus prudente à l’égard des actifs autres qu’en trésorerie. Bien que le conflit semble susceptible de rester régional, ses répercussions sur les marchés pétroliers ont été à la fois mondiales et significatives. Les prix du pétrole brut ont bondi de 57 % en mars, en grande partie en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole. Cette forte augmentation a exercé des pressions à la hausse sur les anticipations d’inflation et influe sur les perspectives de politique monétaire ainsi que sur les conditions économiques générales.

Bien que certains puissent soutenir que les marchés boursiers ont été survendus à la suite d’un recul de 4 % en mars (tel que mesuré par l’indice MSCI Monde), nous estimons que le sentiment restera bridé par le conflit. Tant que le détroit d’Ormuz ne rouvrira pas (condition essentielle au rétablissement de la confiance des investisseurs) les marchés sont susceptibles de dériver à la baisse, indépendamment des considérations de juste valeur.

À cela s’ajoute le fait que 2026 est également une année d’élections américaines de mi-mandat, une période qui a historiquement été associée à une volatilité accrue. Cela est mis en évidence par le tableau ci-dessous, qui suit la performance des marchés durant tous les cycles d’élections de mi-mandat depuis 1950. Il est important de noter que les rendements dans les 12 mois suivant un creux de marché sont généralement très solides. Plus intéressant encore, un investisseur ayant acheté au sommet d’une année de mi-mandat (plutôt qu’au creux) a tout de même enregistré des rendements positifs sur 12 mois dans 16 cas sur 19 depuis 1950.

Bien que l’environnement géopolitique et politique actuel rende difficile la prédiction des résultats à court terme, l’histoire donne à penser qu’une fois l’incertitude dissipée, la reprise qui s’ensuit peut être significative. Dans ce contexte, rester investi pourrait bien être le meilleur conseil à suivre.

Année Baisse S&P 500 (taux de rendement) Durée (jours) Au cours de l’année suivante à partir du creux
1950 -14 % 35 31 %
1954 -4 % 12 45 %
1958 -4 % 5 13 %
1962 -26 % 103 33 %
1966 -22 % 240 33 %
1970 -26 % 141 44 %
1974 -38 % 204 38 %
1978 -14 % 64 12 %
1982 -14 % 96 57 %
1986 -9 % 8 40 %
1990 -20 % 80 22 %
1994 -9 % 62 15 %
1998 -19 % 45 29 %
2002 -34 % 204 29 %
2006 -8 % 39 21 %
2010 -16 % 70 29 %
2014 -7 % 28 9 %
2018 -20 % 95 34 %
2022 -25 % 281 22 %
2026 ? ? ?
Moy. -17 % 95 29 %

Source : Bloomberg Finance L.P.


À propos de l'auteur

Alfred Lam, MBA, CFA

Alfred Lam, Vice-président principal et co-chef des stratégies multi-actifs, s’est joint à Gestion mondiale d’actifs CI (GMA CI) en 2004. Il apporte plus de 23 ans d’expérience dans le domaine en matière de construction de portefeuille, de répartition d’actifs et de gestion des risques, ce qui comprend la présidence du comité de gestion des investissements multi-actifs et l’évaluation d‘opportunités d’investissement pour générer une valeur ajoutée et gérer les risques. Alfred possède le titre de CFA et un MBA de la Schulich School of Business de l’Université York. Il est un chef de file reconnu en matière d’investissement multi-actifs au Canada. Au cours de son mandat, son équipe a remporté de nombreux prix d’investissement, y compris le meilleur fonds de fonds Morningstar, et a fait quadrupler ses actifs.